La Préparation des Doses à Administrer, une source de conflits entre pharmaciens

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Lors d’une interview pour le journal « Quotidien des Pharmacien », le représentant de la société mulTiroir Jean-Bernard Jombart explique que la Préparation des Doses à Administrer (PDA) a un bel avenir en France, si on se base sur le comportement des pharmacies de nos voisins européens.

On peut rappeler qu’en 2009, Roselyne Bachelot avait annoncé au salon Pharmagora la parution d’un texte qui aurait dû réglementer la PDA. Début 2011, Nora Berra affirmait que le projet de décret était déjà signé. Alors qu’en octobre 2011, Xavier Bertrand assurait que nous nous dirigions vers une sortie des textes concernant les patients de l’officine vivant chez eux ou résidant en Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD). Finalement, le décret n’aboutit sur rien, faute de position politique de la part du gouvernement.

Du coup, un certain nombre de pharmaciens a fini par opter pour des solutions entièrement informatisées et automatisées pour accroître la sécurisation des PDA, et assurer également une traçabilité des médicaments.

C’est en réalité là que se trouve le problème. En effet, de nombreuses officines entrent en conflits entre elles pour une ressource: la fourniture en médicaments des maisons de retraite. D’une certaine façon, la PDA est entrée dans une nouvelle ère, où elle est fortement influencée par des motifs économiques.

Assurément, pour des raisons de temps, les directeurs des maisons de retraite ont décidé d’externaliser une partie de leur circuit du médicament. D’après le Code de Santé Publique, cette activité fait partie des attributions de base des pharmaciens. Ils étaient à ce moment là désignés d’office, pour répondre à leurs besoins.

Il est vrai que les maisons de retraite ont de plus en plus recours à la PDA. Il y avait donc un réel besoin de la part des EHPAD où le temps du personnel est compté.

Encouragé par des maisons de retraite très demandeuses, les pharmaciens se sont retrouvés à s’équiper de machines automatiques sélectionnées à la hâte, de peur de se faire voler des parts de marché. Cette précipitation a mis de nombreux pharmaciens dans la situation où leur achat n’était pas rentabilisé, faute de demandes.

Les pharmaciens groupés et suréquipés en robots à PDA évitent ce problème, ils arrivent plus facilement à rafler les parts de marché proposées par les EHPAD grâce à leur travail en groupe. Il est intéressant de préciser que rien n’empêche les pharmacies de sous-traiter la réalisation des PDA.

En vu de la très bonne conjoncture du marché de la PDA dans les maisons de retraite, il ne serait pas surprenant de le voir se développer dans les services ambulatoires dans le but d’améliorer l’observation de patients amoindris.


11/06/2012

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