Bilan de la conférence sur les « politiques vieillesse »

Marie-Anne-Montchamp

Le 26 janvier dernier à l’espace Reuilly (Paris 12e), une conférence sur les difficultés du secteur de la politique vieillesse a été organisée par la « Fédération Nationale des Associations de Directeurs d’Établissements et services pour Personnes Âgées ». À l’ordre du jour de cette rencontre, les innombrables défis sociétaux, médico-sociaux et économiques ainsi que la prévention de la dépendance.

Une conférence ouverte par Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’État aux Solidarités et Claudy Jarry, chargée de l’allocution d’ouverture et président de la Fnadepa, cette dernière a souligné l’ampleur du « défi collectif » que représentait la dépendance pour la société française et rappelée les différentes mesures engagées par les pouvoirs publics ces dernières années, notamment l’augmentation de 6% de l’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) personnes âgées dans la Loi de financement de la Sécurité sociale 2012, la revalorisation du minimum vieillesse (+250 euros par mois par rapport à 2007) et les 3,3 milliards d’euros récoltés grâce à la journée de solidarité nationale.

Marie-Anne Monchamp a notamment insisté sur la nécessité d’une approche préventive du vieillissement et énuméré quelques pistes. Parmi elles, la prévention (équilibre alimentaire, physique, social), l’aménagement du lieu de vie ou encore la participation sociale des personnes âgées afin qu’elles puissent jouir de leur rôle de citoyen à part entière jusqu’à la fin de leur vie.

De son côté, le président de la Fnadepa, Claudy Jarry, a souligné la convergence de point de vue avec Marie-Anne Montchamp s’agissant de l’amélioration des prestations offertes, rappelant que la Fnadepa avait pour vocation « d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées et de celles et ceux qui les accompagnent ».

Conférence sur la LFSS 2012

L’EHPAD devra selon Marc Bourquin (directeur du pôle Médico-Sical ARS) être adapté à la maladie d’Alzheimer et être acteur du maintien à domicile, notamment en apportant des services (portage de repas…) mais aussi grâce aux nouvelles technologies qui permettent d’améliorer la sécurité offerte aux résidents. L’enjeu est d’améliorer la qualité et l’efficience de l’accompagnement des personnes âgées, non par une approche purement comptable, mais avec une approche globale, en évitant les hospitalisations prolongées non nécessaires.

Des indicateurs pour mesurer la qualité

Sabine Fourcade, directrice générale de la DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale), a émis le souhait de définir des indicateurs pour la mise en place d’une démarche qualité et pour évaluer le progrès dans les EHPAD.

Dominique Gabeloux, présidente de la Fnadepa Lozère, a insisté sur l’urgence d’un gel de la convergence tarifaire, la reprise et le respect des conventions tripartites et l’ajustement de l’outil PATHOS.

Nouvelle gouvernance PATHOS

Yannick Eon s’est attaché à définir le rôle de PATHOS, rappelant qu’il s’agissait d’une « évaluation des soins médico-techniques requis (à savoir utile, faisable et acceptable) à partir des situations cliniques observées, pour un patient donné à un moment donné ».

L’harmonisation des normes pour les EHPA en question

Selon Françoise Toursière, directeur de la Fnadepa, les mots d’ordre du cahier des charges pour les EHPA (en cours de validation) restent « la qualité et la volonté de retarder la perte d’autonomie ». Avec une nouveauté : « la recommandation pour le cadre bâti qui prévoit des évolutions architecturales pour retarder la perte d’autonomie ».

Vers une nouvelle tarification des services à la personne ?

Henri Naudet, directeur général de la Fondation Maison des Champs, a évoqué les difficultés et paradoxes du secteur de l’aide à domicile : financements insuffisants, empilage de dispositifs et tarifications, besoin de former des salariés dans un contexte financier d’économie, accompagnement de personnes fragilisées avec des personnes qui sont en insertion ou en précarité…

Quelques avancées ont été obtenues depuis deux ans suite à la mobilisation des acteurs du secteur, mais elles restent insuffisantes pour Hugues Vidor, directeur général ADESSA Domicile :

  • Développement d’un fonds de restructuration de 50 millions d’euros, sur deux ans, alors que les acteurs avaient demandé la création immédiate d’un fonds d’urgence de 100 millions d’euros
  • Réactivation des exonérations des services à la personne instituées par Jean-Louis Borloo
  • Réforme de la tarification

Rendez-vous a été pris pour l’ensemble des acteurs pour le prochain congrès de la FNADEPA à la Grande-Motte les 12 et 13 juin prochains.


04/04/2012

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